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Gina Goudiaby

Gina Goudiaby Directrice de création

"Depuis plus de 10 ans, j'accompagne les particuliers, les marques, les médias et les grandes institutions à donner du sens, de la puissance et de l'impact à leurs messages — à travers la communication, le journalisme, l'écriture littéraire, le cinéma et la formation."

Interview El Hadj Diouf

Comment voyez-vous la situation actuelle du football sénégalais ?

La situation tout le monde le connait. Le football ne marche pas dans notre pays. C’est la vérité ! On a joué notre match contre la Cote d’Ivoire et c’est la semaine prochaine, dans le rituel du football, qu’on jouera la deuxième mi-temps. Si on ne gagne pas de deux ou trois buts a zéro, on n’ira pas à la coupe du monde. Il faut dire que depuis 2002 on n’était pas si près de la qualification de la coupe du monde et c’est vraiment dommage. Tout cela, à cause de quoi ? De gens qui gèrent mal le football au Sénégal, ils ne sont pas à la hauteur, et c’est dommage pour nous.

Justement, ou se trouvent les difficultés ?

Le football ne marche pas parce que le président de la fédération n’est pas à la hauteur. Depuis qu’il est là, il n’a fait aucuns résultats positifs. C’est grave que l’on se fasse éliminer par la Mauritanie. L’équipe du Sénégal n’a jamais eu d’embrouilles avant, et récemment, on a été suspendu. Bref les plus mauvais résultats du football sénégalais ont été faits par eux. Maintenant, Ce qui pourrait nous sauver, c’est que ces gens-là déposent leurs armes et qu’ils acceptent qu’ils ne soient pas les hommes de la situation pour enfin donner à quelqu’un d’autre sa chance.

Et quelles seraient les solutions ?

On a tout fait pour qu’ils prennent conscience du vrai problème mais rien. Ils ne veulent pas s’en aller, et la solution serait de les dégager définitivement par la force. Je pense même que le gouvernement a une certaine part de responsabilité. Rendez le football sénégalais aux sénégalais car ces derniers sont nostalgiques de leur équipe de 2002. Lorsque je suis arrivé avant-hier à l’aéroport, quelqu’un m’a interpelé et m’a demandé : « dites-moi, quand est ce que l’équipe du Sénégal à gagner trois matchs de suite ? » Mais c’est déjà arrivé de notre temps. De nos jours, ce n’est malheureusement plus le cas. Avant nous avions de grands dirigeants, ils savaient comment nous parler, comment nous rebooster, on avait également un grand entraineur. Nous étions des joueurs à part entière, et c’est Bruno Metsu qui a fait de nous des joueurs de caractère. Il était compétitif.

Donc pour qu’une équipe gagne, il ne suffit pas juste d’avoir de bons joueurs mais aussi des dirigeants assidus ?

Effectivement. Le monde du football, c’est tout une chaine et chaque pièce est autant importante que l’autre.

Mais avec cette équipe que l’on a actuellement, est ce qu’on peut dire qu’on a de bons joueurs ?

Bon, il faut l’admettre aussi, nous n’avons pas de très grands joueurs. Mais si on n’a pas de très bons joueurs et on nous impose des tocards comme dirigeants, la situation est pire.

Bruno Metsu lui, il savait comment nous motiver, il nous mettait dans de bonnes conditions, des gens comme Mbaye Ndoye qui sont vraiment de grosses pointures du football sénégalais. Et pour vous prouver combien ils sont tocards, lors des funérailles de Bruno Metsu, l’entraineur national ne s s’est même pas donner la peine de venir lui rendre un dernier hommage. Est-ce normal ? Alors que quelque jour avant, il était à l’inauguration des DIAMBARS. C’est choquant. Et on veut nous faire croire qu’une personne qui n’a pas de cœur peut diriger une équipe ? C’est impossible.

Avez-vous des projets pour cette équipe afin de faire bouger un peu les choses ?

Tant qu’ils sont là, non. Moi je ne serais jamais avec des tocards, de toute ma vie. Ils veulent même que j’aille a casa pour parler aux joueurs, mais je ne le ferai jamais parce que Elhadj Diouf ne sera jamais avec des gens qui tombent. J’ai accompli de grandes choses pour le football. Je suis le seul et l’unique et mon titre je l’ai mérité avec deux ballons d’or a l’appui. Donc je suis un gagnant, je suis né pour gagner. L’équipe a donc besoin de gageurs, venant de partout, et il n Ya pas que moi. Quelqu’un comme Tony Sylva peut être entraineur des gardiens. Et d’autres aussi, plus compétents, pourraient se rendre utile. Pourquoi prendre la génération de 1998 pour qu’elle gère le football ? Il faut aussi que les sénégalais comprennent qu’on ne récolte que ce que l’on sème.

Récemment, il y a eu deux marabouts qui ont fait une affirmation selon laquelle les sénégalais devraient vous demander pardon pour que l’équipe puisse enfin décoller. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Mais quand j’entends ce genre de choses, cela me fait chaud au cœur. Franchement cela m’a vraiment touché. Pour vous dire que j’ai beaucoup donné pour le football sénégalais. Mais ce qui est déplorable dans ce pays, c’est qu’on attend que les gens meurent pour dire du bien d’eux et moi je n’ai pas besoin de ça.  C’est ce qui c’est passer avec Jules François Bocandé, et Metsu.

C’est vraiment dommage que le football sénégalais soit ainsi sacrifié par des dirigeants qui ne sont enfaite, qu’une bande de tocards !

Gina Goudiaby